vendredi 30 janvier 2015

Tsunami 5


Sur les trois photos ci-dessus, que j'ai prises, vous pouvez voir deux photos superposées par image. 

Sur les photos du haut, vous voyez le paysage AVANT le tsunami et sur celle du dessous, après. Comme je le mentionnais dans un précédent post, non seulement la vague à tout submergée, mais la terre s'est affaissée. 

Dans les derniers jours, j'ai participé à un festival. C'était à Ofunato, dans une région plus au sud de celle où j'allais habituellement. Les gens essayaient par-là de se rebâtir un semblant de vie et le festival était un bon moyen pour oublier, un court moment, le malheur qui les avait frappé et réduit a l'état dans lequel ils étaient.

Le festival aurait lieu dans cet endroit et autour.. Notez que tout est en préfabriqué...

Nous nous étions portés volontaire pour aider à son bon déroulement. La veille, nous étions venus sur place pour avoir un aperçu de ce que nous devions faire. On m'a demandé de me déguiser pour jouer un gros personnage en peluche pour les enfants (un peu comme dans certains parcs d'attraction).


Finalement, ça ne s'est pas fait, à cause du mauvais temps. La pluie menaçait d'abimer les costumes.
Le lendemain, nous somme arrivé de bon heure, pour aider au montage des tentes de stand et de podiums.
Faire des tables,...
...et des podiums
Et voici le matériel des tentes.
Pendant le festival, aucun d'entre nous avait de tâche bien définie. On se relayait à tour de rôle.
Je me suis retrouvé au parking à faire la circulation pour les gens qui venaient assister au festival.
En fait, il n'y avait pas grand monde, parce qu'il pleuvait des cordes
J'avais froid, et de ne rien faire, à moitié trempé sous la pluie ne m'aidait pas à surmonter ma peine. Finalement, un des chef est arrivé et m'a permis d'aller me réchauffer un peu dans une pièce (celle où j'avais essayé les costumes). Là, on m'offrit une boisson chaude. Dans la pièce à côté, il y avait des musiciens et chanteurs qui attendaient. Ils allaient faire un spectacle de chants et danse.

Je restais avec eux et on communiquait comme on pouvait.

 

Désolé, mais il n'y a pas de son. Quand j'ai filmé avec ma caméra merdique, j'ai oublié qu'elle n'avait pas de microphone pour enregistrer le son. C'est de la musique folklorique locale avec des tambours et du shamisen (sorte de cithare japonaise).
Le soir des gros pontes de la région on fait un discours de félicitations des progrès de reconstruction dans la régions et d'encouragement de ce qu'il restait à faire. 
Il existait, à l'époque, deux tendances sur la méthode à suivre pour la reconstruction. La première était de laisser les terres exposées au tsunami revenir à la nature et de reconstruire les habitations sur les collines avoisinantes. La seconde était de surélever les terres inondables et de reconstruire dessus avec des barrage anti-tsunami encore plus grands.

Tous les onze du mois, Magokoro organisait une cérémonie du souvenir pour les victimes du tsunami (qui eut lieu un 11 mars). chacun marchait au milieu de ce chemin improvisé puis tout le monde se réunissait. On se présentait et disait ses raisons de venir puis, une minute de silence était observée. (peut-être inversement, je ne m'en souviens plus trop).

Il y avait une bonne ambiance et parfois, on se réunissait pour un petit gueuleton sympa.

Voilà! Je n'ai plus rien à ajouter. 
Fin.

dimanche 25 janvier 2015

tsunami 4

Les journées passaient, mais ne se ressemblaient pas. Pour le déjeuner, nous pouvions acheter notre bento (casse-croute) à l'épicerie (les Japonais appellent ça: convenient store), une sorte de magasin qui ressemble (de loin) à ceux de nos stations services d'autoroute, en France, parce qu'ils offrent des marchandises similaires. Ils sont ouvert 24hrs/24 et 7jrs/7 (en théorie). Le minibus, qui nous amenait à notre zone d'opération, s'y arrêtait obligatoirement le matin, environ à mi-chemin. Nous avions aussi la possibilité de manger au restaurant. Cette deuxième solution était un peu plus chère, mais bien meilleure.

Comme beaucoup d'endroits, les restaurants étaient (et le sont sans doute encore) dans des préfabriqués temporaires

Ce n'était pas toujours de la soupe, par ailleurs délicieuse
Il faut dire que les villes étaient complètement dévastées.
Et nous parlons de deux ans plus tard...

Ce bâtiment a connu une terrible tragédie. Le jour du tsunami, il était plein de gens. L'eau ici était haute, très haute. Par certains endroits elle avait atteint trente mètres de haut. Mais ici, elle n'avait pas dépassé les vingt mètres.
Cage d'ascenseur détruite. Derrière la porte de droite, il est dit qu'il y a un fantôme...


C'est dans cette salle du premier étage que la tragédie a eu lieue. La plupart des gens s'y étaient réfugiés, pensant qu'elle était assez en hauteur pour échapper à la vague. Ils se sont trompés.
Regardez les poutres au plafond
L'eau est montée jusqu'aux poutres du plafond, laissant juste un petit espace pour respirer. Beaucoup tentèrent d'y parvenir. Des mères tenaient la tête de leurs enfants dans cette espace réduit pour qu'ils puissent respirer, elles-mêmes, sous l'eau, sont mortes noyées. Les enfants, privés de leur soutient, les y ont suivit. Paix à leur âme.
D'autres sont morts au rez de chaussée

Les seuls à avoir survécu sont ceux qui sont montés sur le toit. cette histoire me fut contée par le monsieur de dos sur la photo ci-dessus.
Petite pièce indépendante en bas du building. Étrange décor dans cette armoire. Un mémorial? 
Nous étions en Avril et les cerisiers commençaient à être en fleur


Au Japon, il y en a partout. Les gens les appellent sakura. C'est tellement rafraichissant
Ce qui nous a pas empêché de nous retrouver une fois sous la neige

Parfois, après le boulot, on venait dans un centre commercial (tout en préfabriqué) et j'allais directement dans ce café tenu par de charmantes dames qui vendaient des taiyaki (là-bas, ça avait un autre nom, mais je ne m'en souviens plus). C'est un genre de gâteau fourré avec de la pâte de haricot rouge. Mais elles ne mettaient pas que ça. Il y en avait avec de la crème anglaise. J'adorais ça.

Prochainement: Je vous avais parlé d'un festival dans mon dernier post, mais ce sera pour la prochaine fois. Cela avec deux ou trois petites choses à ajouter.

mardi 20 janvier 2015

Tsunami 3

En Avril 2013, je me portais de nouveau volontaire pour aller aider les victimes du tsunami. L'heure n'était plus au 'nettoyage', mais à la reconstruction. Je joignais une association: Magokoro. Ils étaient (et le sont peut-être encore) basés à Tono au sud-est de Morioka.
Dans le cercle blanc.
Je partais d'Ikebukuro, à Tokyo, en bus de nuit et arrivais à Tono le lendemain matin. Tono est une jolie ville située dans une grande vallée.
Même si de loin, ça a l'air enserré, c'est vaste.
Le centre était situé près d'une rivière. Il était immense. Avec beaucoup de place et, à l'époque où j'y étais, peu de monde. le gîte était gratuit, mais pas le couvert.
Le lobby
Le dortoir des garçons. Chaque tatami (ces rectangles au sol) était un 'lit' pour une personne. Pas de matelas ou de futon.
Tout était écrit en Japonais, personne ne parlait l'Anglais (alors le Français....) et j'étais le seul étranger. En deux semaines, mon Japonais s'est considérablement amélioré (ce qui ne veut pas dire que je suis devenu bilingue. N'exagérons rien).
Le système était simple: tous les soirs, il y avait un programme affiché à des tableaux (qu'on peut voir au fond sur la photo du lobby, ci-dessus) pour les multiples activités du lendemain. Chacun inscrivait son nom sur l'une des activités proposées. Le lendemain matin, après un rapide petit déjeuner, on se rassemblait dans une cours juste avant de partir. Chacun rejoignait son groupe et tous attendaient bien rangés, mais pas en ordre. Les responsables arrivaient et là, on avait cinq minutes de gymnastique. Puis, ils faisaient un discours pour l'ordre du jour (auquel je ne comprenais rien), enfin, tous les groupes embarquaient, chacun dans un minibus.
Puis on partait pour la côte. 
Le carré, c'est Tono et le cercle, la zone où l'on opérait

J'ai été dans différents endroits pour des tâche variées. J'ai d'abord travaillé dans une usine de traitement d'algues (wakamé en Japonais)
Voici l'usine

J'ai creusé des tranchées,

Et là

Après, je plantais des fleurs

puis j'ai entouré un champs de clôture.

Je n'étais pas tout seul, cela va de soi
Après l'avoir clôturé, nous l'avons bêché. J'ai nettoyé le parquet d'un gymnase, que nous avons ciré ensuite.

J'ai nettoyé un temple, également. Pas le temple lui-même, mais j'ai ramassé des détritus variés, tant végétaux que d'origine humaine, qui jonchaient dans ses alentours.

Ce n'est qu'un aperçu, j'ai fais une pléthore d'autres tâches et je ne pourrais pas tous les présenter.
La région se reconstruisait petit à petit, mais il restait encore beaucoup de ruines.
Les restes d'un temple détruit par le tsunami
La maison en préfabriqué est le nouveau temple (mesure temporaire, jusqu'à la construction du nouveau temple)
Sur cette photo, vous pouvez voir jusqu'où la vague est montée: le flanc de la colline est complètement dévasté
prochainement: Vie quotidienne, état des lieux (+ anecdotes) et festival seront au menu.



mercredi 14 janvier 2015

Tsunami 2

A midi, on se reposait au bord du lac pour manger nos 'bento' (casse-croute en Japonais).

Parfois on rendait visite à des gens qui nous offraient à boire du thé glacé. Certains locaux refusaient d'abandonner leur village et voulaient croire que ça allait recommencer. par exemple une dame avait le projet de faire de sa maison une chambre d'hôte, quand tout retournerait 'à la normale'.  Leur état d'esprit était formidable. Ils avaient tout perdus, mais ils restaient optimistes, étaient pleins de bonne humeur et de tonus. Une grande leçon d'humilité pour moi.
Regardez les deux pendules murales et faites attention à la plus grosse des deux
Entre le deux et le trois vous voyez un trait noir. C'est la limite qu'a atteint la vague quand elle a submergé le village.
Vous noterez que la vague qui à submergé le village est moins haute que celle qui a détruite l'école (en fait, la même vague). Mais, si vous vous rappelez de la photo (Google Earth) dans mon article précédent, le village était positionné à flanc de montagne, dos à la mer. L'espace devant le village (photo ci-dessous) est relativement étendu. C'est la combinaison de cet espace large et le fait que la vague à dû faire 'un retour en arrière' qui à réduit sa hauteur et ralentit sa vitesse de déplacement, atténuant la destruction (c'est du moins comme ça que je l'ai compris, quand on me l'a expliqué).
L'école, elle, étant placé dans espace plus confiné, la vagues à non seulement été plus haute, mais aussi plus rapide.

Des maisons du bourg d'en face ont été arrachées et emportées par le tsunami.

Juste 4 mois depuis le drame et une route temporaire est déjà reconstruite. Notez qu'elle est surélevée.
Ce n'était pas seulement une vague qui à submergé la côte. Mais en fait, à cause du tremblement de terre, elle s'est affaissée de deux à trois mètres sous le niveau de la mer. De ce fait, une grande partie des villages côtiers était condamné à brève échéance à disparaitre. Soit, ils seraient relocalisés par déplacement des maisons sur des hauteurs avoisinantes (c'était sérieusement en discussion), soit, plus probablement, ils seraient détruits et les gens relocalisés vers des régions jugées plus sûres. 
En face un bourg entièrement détruit.
Ce lac, avant le tsunami, n'était pas aussi étendu. A l'époque de cette photo, tous les corps des victimes n'avaient pas été repêchés. Il en restait quelques uns.
Quelques volontaires

Tous les arbres autour de cette porte sont morts, tués par le sel marin.
Cette voiture était sur un toit de maison
La ville d'en face



Après deux jours, je repartais. mes amis japonais ne pouvaient rester plus longtemps et c'était grâce à eux que j'avais pu entrer dans une ONG.

Prochainement: Deux ans après (2013) volontaire dans la région de Kamaishi (encore plus au nord).