vendredi 28 août 2015

Dépendance

 En Anglais, le mot dépendance se dit addiction. Il est passé dans la langue française depuis peu. Dans les dictionnaires français des années 80, le mot addiction n'existe pas. La définition de dépendance (ou addiction) est : le fait pour une personne de dépendre de quelqu'un ou quelque chose (Petit Robert 86).  En dépit du titre, je parlerai d'addiction plutôt que de dépendance (puisque ce dernier semble désuet).

Nous connaissons tous l'addiction à la drogue ou à l'alcool. Donc il est inutile d'en parler. Je dirait seulement que ces dépendances sont un peu l'aboutissement d'addictions plus insidieuses. Notre société en offre une variété innombrable.

Nous sommes dépendants de notre télévision que nous passons beaucoup de temps à regarder, de notre portable que nous emmenons partout et avons plus souvent le nez rivé dessus plutôt qu'à regarder ce qui nous entoure. Pour ceux d'entre nous qui en ont une, ils dépendent beaucoup de leur voiture et l'utilise plus qu'il n'en est nécéssaire. L'addiction s'étend aussi aux possessions matérielles dont nous avons du mal à nous séparer (souvent parce que nous en avons besoin, mais aussi pour des raisons sentimentale ou de statut social). Et comme disait Tyler Durden dans 'Fight Club' : les choses que nous possédons finissent par nous posséder. Il ne faisait que reprendre un adage issu des sagesses anciennes.

Mais la possession matérielle n'est pas la seule responsable de nos addictions. Notre style de vie peut être source de dépendance, par exemple dans nos désirs innombrables de sensations fortes ou, d'un autre côté, dans cette recherche permanente de stabilité qui génère les habitudes et que j'associe plus à de la stagnation.

Qu'est-ce qui crée cette addiction ? Des tas de paramètres, mais un est particulièrement important à mon sens : l'attachement, bien que celui-ci ne mène pas systématiquement à l'addiction.

Je dirais que l'addiction est un attachement à une situation ou une chose qui procure du plaisir, combiné à un refus de les voir s'arrêter.

mardi 4 août 2015

L'homme et la machine


Nous connaissons tous cette fameuse image de l'évolution de l'homme qui le trimbale du singe à ce qu'il est aujourd'hui. Mais une grande partie de cette évolution est notre habileté à créer et à produire. Notre capacité à construire est phénoménale et nos progrès techniques spectaculaires. Inutile de les détailler parce que tout le monde les connait.

Le problème dans tout ça est que ce sont nos créations et plus particulièrement nos machines qui évoluent, mais pas nous. Nous en sommes arrivé à notre stade d'évolution, il y a quelque dizaines de milliers d'année et depuis, nous stagnons toujours au même point. Actuellement nous avons même régressé. Une fois, j'entendais à la radio qu'une étude scientifique avait démontré que l'homme du moyen âge avait une meilleure mémoire que l'homme contemporain.

Paradoxalement, ce sont nos machines qui nous amoindrissent. Puisqu'elles font tout à notre place, les tâches ménagères, le travail à l'usine, le travail au bureau, conduire à notre place (dans certains métros ou dans les avions de ligne entre autre), elle nous enlèvent graduellement un certain savoir-faire. Elles nous emmènent partout, toujours plus loin, toujours plus vite. Elles ont commencé par faire des calculs à notre place et maintenant, elles pensent pour nous.
Certains aimeraient bien leur donner vie (avec les robots et l'intelligence artificielle) afin qu'ils puissent se prendre pour un certain dieu à qui d'autres attribuent notre origine.

Nous aimons les machines et sommes en admiration devant elles. Les machines, qui devaient être une aide pour nous, ont pris le pas et nous n'arrivons plus plus nous en passer. 

Et je constate, qu'à force de les fréquenter, nous devenons nous-même un peu machine et que notre société fonctionne de plus en plus comme tel.
Nous traversons au vert et nous arrêtons au rouge. Nous applaudissons un spectacle (même médiocre) parce que c'est ce qui est attendu de nous. Nous dormons la nuit, vivons le jour mangeons trois repas la journée et avons tous nos habitudes et développons des mécanismes qui régissent notre quotidien machinal. Nous parlons un langage de plus en plus informatique. 
Notre éducation nous prépare à vivre dans un monde machin en nous conditionnant pour devenir de bons éléments (de la machine). Petit, nous somme déjà catégorisé : en maternel et en primaire par les notes pour mesurer notre intelligence et notre compréhension et par des pastilles de couleur pour notre comportement. Du vert : bonne machine, au rouge : machine défectueuse, à réviser ou à jeter. Nous subissons ce traitement qui évolue plus subtilement jusqu'à la troisième. 
A partir de là, une première sélection s'opère qui déterminera les éléments subtiles des éléments grossiers de la société machine. Ces derniers irons grossir ses rouages, parties intégrante de sa structure. Les éléments subtiles, quant à eux, subiront des formatages plus en profondeur, d'abord au lycée, puis dans les universités (ces usines à formater) d'où ils ressortirons labellisés conformes à ce pourquoi ils auront été formaté. Ils viendront alors renforcer les rangs des spécialistes et autres expert, rouages indispensables au bon fonctionnement de la machine ou deviendront des dirigeants  pour contribuer à son développement et son bien être : dévorer la planète pour enfler toujours plus, chier des ordures, péter des gaz à effet de serre et pisser des liquides polluant nos eaux, enfin roter quelques nages radioactifs qui achèverons de la pourrir durablement.
Ceci dit, la machine (qui n'est pas si bête) tente de perdurer (la mort de notre terre, signifierait la sienne) en recyclant ses déchets (organiques, utilitaires et mécaniques). 
   
Quel avenir ? Nous devrions nous mécaniser nous-même (nous commençons déjà à le faire). Nous évoluerons alors comme hommes bioniques et à terme comme cyborg où nous cohabiterons avec des robots. Bienvenue dans le paradis de la pensée matérialiste.

Et la nature avec ça ? Il fut un temps, quand nous étions des sauvages, nous vivions en harmonie avec elle. Nous étions à son écoute et les dieux et les esprits de nos ancêtres nous dictaient la conduite à suivre pour bien nous en occuper. Mais nous nous en sommes graduellement éloignés pour aller vivre dans des villages puis dans des cités où nous nous sommes activement préoccupés de développer nos machines. 
Et de sacrée et respectée qu'elle était, la nature est devenue un immense réservoir à ressources recouvrant une planète à vendre. 
Nous avons quitté nos déités pour vivre dans un monde mécanique.
Et maintenant, comment aimeriez vous mourir ? Avec vos dieux ou avec vos machines ?