mercredi 24 février 2016

La forêt

Pouvez-vous voir


la bataille qui fait rage dans cette forêt? Les arbres luttent les uns contre les autres pour avoir leur place au soleil.
Comment voit-on ces traces de lutte? Leur taille et leur forme racontent l'histoire de leur vie, comment ils ont poussé pour en arriver là où ils sont.


Cet arbre, au centre, est grand et fort. Ses branches s’étalent aux quatre vents. Il faut dire qu'il a eu de la chance, aucun autre individu pour l'empêcher de grandir comme il faut. Pour ce petit-là (devant, à gauche de la photo) la vie est déjà plus dur. Il a encore du chemin a faire avant de trouver sa place au soleil.


Celui-là s'en tire bien (celui de devant au centre de la photo). Il a dû faire quelques concessions et déporter légèrement son sommet vers la gauche à cause de l'arbre à droite qui lui refusait le passage vers sa place au soleil. Mais ce n'est qu'un petit compromis.


Échangeons nos places.


Ces deux arbustes, enlacés l'un dans l'autre, devront grandir vite s'ils veulent avoir une chance de survivre et trouver la lumière du soleil. Mais ils ont leur chance, la forêt est clairsemé. Je me demande comment ils font dans les forêts plus touffues. 


Cet arbrisseau aura-t-il sa chance, collé contre ce gros arbre? 


Non, ces deux arbustes n'ont pas de parents pour les protéger. Ils devront se débrouiller seuls. Heureusement que la forêt, ici, est plus clairsemée.


Pour ceux-là, c'est fini. Ils n'ont pu continuer la lutte. 


Que dire de ceux-là. Mais bon, la vie n'est pas toujours facile pour un arbre. 


Comme pour les hommes, les arbres aussi sont sujet à la maladie, même si elle se traduit de manière différente.
Croyez-vous que ce sont des faits avérés? Qu'importe. C'est avant tout, une petite histoire, celle de la forêt, que je vous ai conté. J'espère que vous l'avez aimée. 

Fin

samedi 6 février 2016

La motivation (ou mon manque de)




La motivation se traduit par de l'enthousiasme dans ce que l'on fait en vue d'atteindre un but. La plupart des gens motivés le sont par ambition dans l'espoir de pouvoir monter les échelons de notre société (par le biais de l'entreprise dans laquelle ils travaillent) et gagner plus d'argent.
On peut également être motivé pour des choses plus altruistes comme entrer dans une association en vue d'aider ou faire découvrir une activité à son prochain.
Je n'ai jamais été motivé. Pendant longtemps, je me sentais coupable de mon manque d'enthousiasme pour faire quelque chose. Je ne savais tout simplement pas quoi faire. Je n'arrivais pas à monter les échelons de la société et voyais souvent les nouveaux venus très vite me dépasser. Étais-je un 'loser' ?
Probablement.
Mais, tout au fond de moi, je ne ressentais qu'indifférence pour tout ça. Je refusais bien sûr de l'admettre et me disais qu'il fallait que je réussisse dans la vie et que je devienne comme les autres. Mais je n'y arrivais pas à cause de mon manque de motivation. Petit à petit en analysant la nature de ce monde ainsi que la mienne, je m’aperçus que ce n'était peut-être pas une aussi mauvaise chose. J'étais (et le suis toujours) détaché. Ça n'avait pas d'importance que d'autres soient meilleurs que moi ou plus élevé hiérarchiquement : chacun suit son chemin. En acceptant d'être ce que j'étais, je suis devenu moins stressé : plus besoin de courir derrière le succès. 
Ceux qui le peuvent se ruent sur l'argent et sur la gloire. Quant aux autres ils se contentent de regarder avec admiration les premiers et de les suivre, s'ils le peuvent.
La masse des gens motivés est en motion perpétuelle pour atteindre le dernier smartphone, récemment mis en vente. Puis ils courent acheter la voiture de leur rêve qu'ils montrerons tous fiers à leurs amis envieux. Il leur faudra la maison, avec la grande télévision à écran plat, la super machine à laver bourrée d'électronique, l'autocuiseur avec four intégré (qui peut faire micro-onde), la super chaîne stéréo et ainsi de suite.
Ils se tiennent informés, sur les actualités sportives, connaissent la dernière star musicale du moment et sont les premiers à aller voir son concert. Il sont aussi les premiers à aller voir le dernier Star Wars  en 3D, annoncé depuis longtemps par tous les médias. 
Ainsi, ils vont de stars en derniers succès, vite émoussés, toujours à la recherche de sensations fortes, mais craignant le danger. Ils suivent la mode, sont dans le coup et brillent grâce à leur dernier joujou fraîchement acquis. Ils triment comme des bêtes et vont jusqu'à s'endetter (pour certains) pour pouvoir tenir la cadence.
Quant à ceux qui ne peuvent suivre ce rythme effréné, il tombent dans les ténèbres de l'oubli, humiliés, rejetés de tous, pleurants leur sort, sombrant dans le désespoir, l'alcool, la drogue, la folie ou le suicide.  
Pourtant, si tous ces 'losers' pouvaient se rendre compte qu'ils sont enfin libérés de cette masse de fous qui continuent de courir derrière des chimères, ils retrouveraient leur âme et y gagneraient une certaine sérénité. 
Car 'vendre son âme au diable', n'est-ce pas la vendre à nos propres passions sources de notre motivation ?