Mon premier roman


 


L'Histoire


Ceci est l'histoire du monde racontée par un ignorant.
Imaginez un monde qui ne serait pas créé et où rien n'évoluerait. C'est ce que va découvrir Philippe Durieux, professeur à la Sorbonne. Il se rend en Grèce tous les ans, pendant les grandes vacances.
Mais cette année, il commet une faute : il profane un chêne sacré et pour sa peine, il est envoyé dans le passé à l'époque de Thésée.
Philippe rencontre le jeune Héros alors en route vers Athènes pour se faire reconnaître par le roi Égée comme son fils.
Mais ce dernier se méfie de Thésée dont les desseins sont percés à jour par la reine Médée qui espère voir son fils Médos monter sur le trône.
L'encombrant Thésée est envoyé à Marathon pour y capturer un taureau qui terrorise la région, tandis que Philippe, demeuré à Athènes, rencontre la troublante Xanthippe dont il va tomber amoureux. Mais Médée la magicienne veille et s'interroge sur ses étrange pouvoirs de divination. Philippe doit s'enfuir et retrouve par hasard Thésée dont il partage un moment le destin.  Mais ces succès finissent par susciter bien des jalousies et les dieux s'en mêlent et quand les dieux s'en mêlent...
Au bout de cet odyssée, Philippe comprendra que la mythologie n'est pas qu'un joli conte. Pour le meilleur ou pour le pire!


Écrit d'abord sous le pseudonyme de Fitzeroy Gallup, publié en première parution à "Mon Petit Editeur", ce livre est maintenant disponible sur Amazon-Kindle sous mon vrai nom. Il s'efforce de suivre la légende de Thésée au plus près, mais pas entièrement.

Les références

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Prix  2,99€
Si vous êtes intéressés vous pouvez me contacter à: fitzgal@free.fr

Le Monde que j'ai créé




Il met en avant le concept de L'Esprit / Temps



L’Esprit  L’histoire de  l’humanité est cyclique. Elle commence par un œuf, laissé par le précédent Roi du Monde, allé rejoindre le Dixième Ciel du Royaume de l’Inimaginable, dans lequel l’Esprit du nouveau Roi s’intègre. Avant de naître, Son esprit sort de l’œuf et met en place le monde dans lequel il régnera.
Tout au long de sa vie, il dégénérera et, avec lui, l’humanité qu’il aura engendrée au travers de ses cinq races d’hommes. De Lui, les Hommes d’Or émanent. Ils sont immatériels et sont au plus proche de la perfection. Ils régressent en une myriade de titans, de dieux et d'hommes. La Race d’Argent est formée d’êtres de chair. Ils ont un corps de titan mais l’esprit d’un dieu. C’est à partir de cette race que les animaux apparaissent, incarnés, au début, par l’esprit humain et que les sexes se différencies. Les Hommes de Bronzes, qui sont engendrés par ceux d’Argents, sont dominés par les femmes et sont des sorciers. Les Héros, qui découlent de leurs prédécesseurs, sont patriarcaux et guerriers, la force est leur crédo. Enfin, les Hommes de Fer, qui émanent des Héros, sont nous. Nous sommes religieux, superstitieux et industrieux. Vers la fin de notre Âge, l’orgueil et la cupidité sont les deux principaux leitmotivs qui nous dirigent et sur lesquels nous avons fondé notre société de consommation. Nous dévorons notre planète pour les satisfaire. Nous vivons dans la tyrannie du mercantilisme où un homme doit payer pour se prétendre libre, dans la dictature de la modération et du politiquement correcte où toute forme d’agressivité et d'expression un peu trop exubérante doit être bannie des bonnes mœurs et réprimée au fond de nous-même, créant ainsi un déséquilibre mental.
C’est à notre époque que le Roi du Monde s’incarne comme étant le dernier prophète, le Bouddha Maitreya. Il juge le monde, rétribuant chacun selon son mérite et y met un terme. Il prend enfin la place de son Prédécesseur et laisse la sienne à un Successeur qui créera son propre univers.
La manière dont nous dégénérons est due à un affaissement graduel de notre niveau de conscience, se traduisant par un état d'esprit de plus en plus étroit. En effet, au début, notre compréhension claire et limpide d'un univers réduit à sa plus simple expression est obscurcie par le doute et notre manque de foi et de confiance en nous même, à mesure que nous dégénérons. Ceci se traduit par un monde qui nous semble de plus en plus complexe et de plus en plus vaste.
Il faut imaginer une chute. En tombant nous perdons d'abord notre Âme Divine et ensuite notre âme tout court, pour sombrer dans un état d'esprit devenant de plus en plus confus. Paradoxalement, surtout à l'Âge de Fer, c'est ce flot incessant de découvertes et de théories qui en résultent, d'informations et de contre-informations que nous recevons, qui contribuent à notre confusion.
Il est évident que ce n'est pas homogène et que la dégénérescence est plus accentuée dans les régions dont le développement économique est le plus prononcé. Nos machines nous amoindrissent parce qu'elles nous remplacent, de plus en plus, dans nos tâches quotidiennes, nous privant de savoir-faire, même moindre et confinant la majorité d'entre nous, lentement mais sûrement, dans un état végétatif, préoccupé en grande partie par des frivolités telles que les résultats sportifs, le loto et autres jeux télévisés et de console ou les commérages.
Ce n'est qu'un résumé et le livre: 'Les Vacances Insolites de Philippe Durieux' offre un panorama plus complet de cet univers, depuis son début jusqu'à sa fin, du microcosme au macrocosme. Quant à mon second roman: 'La guerre des Géants, elle donne un complément d'information sur la création et le déroulement des deux premiers Âges.
Le temps C’est avant tout un système de mesure que nous avons mis en place pour compenser la confusion qui s’empare de notre esprit au fur et à mesure que nous régressons. Le temps n’a aucune existence et est lié à la motion des choses et à l’action des êtres de manière irréversible. C’est parce que tout bouge, de l’infiniment petit à l’infiniment vaste, que le temps existe. Si tout s’arrêtait, que les électrons stoppaient leur course autour de leur noyau ou que les planètes cessaient la leur autour de leur soleil, ne croyez-vous-pas que le temps s’arrêterait ? Le futur n'existe pas encore et nos pronostiques ne sont que des pronostiques. Le passé n'existe plus que dans notre mémoire et finit par être oublié un jour ou l'autre. Quant aux traces qu'il laisse, elles ne sont que le résultat d’accidents ou de l’action des êtres et finissent aussi par disparaître. Seul le présent demeure. 

Sources



C'est ainsi que j’introduis ma vision philosophique de notre monde : et si l’humanité n’avait pas évoluée mais régressée. Je me suis basé sur l’Hindouisme dont les Védas racontent que nous avons connu quatre âges et la religion grecque qui parle de cinq races d’hommes qui se sont succédé. Les quatre âges sont ceux d’Or, d’Argent, de Bronze et de Fer, et les cinq races d’hommes portent le même nom que l’âge dans lequel ils vivent, sauf pour celui de Bronze qui a vu deux races se le partager : les Hommes de Bronzes et la Race des Héros. Chaque âge est de moitié plus court que le précédent. L’âge actuel étant celui de Fer. Les Mayas parlent aussi de quatre races d’hommes qui se sont succédé, mais ne mentionnent pas de dégénérescence dans leur Popol Vuh.
Mes autres sources sont mon imagination (cela va de soi et qui représente 90% de mes sources) inspirée, en plus des religions mentionnées ci-dessus, de la théorie de la Terre Creuse, des mythes sur le Roi du Monde et sur les Géants et des ovnis intra-terrestres souvent associés à la théorie de la Terre Creuse, enfin la légende du Mont Meru.
A noter que Platon, dans sa République, parle clairement de la régression: celle d'un gouvernement, qu'il juge parfait, dégénérant vers d'autres formes de gouvernement, toujours plus corrompus. La corruption venant par le haut.
Sources pour ‘Les Vacances Insolites de Philippe Durieux’
D’abord, le mythe de Thésée, notamment la partie qui traite de son combat avec Procuste jusqu’au banquet où son père Égée découvre la vérité sur les origines de Thésée. La Théogonie d’Hésiode. Enfin un traité sur le bouddhisme (même si cela peut sembler sans rapport) qui traite de certains aspects ésotériques de mon livre.


Source pour la Guerre des Géants



Principalement les récits de Platon dans Critias et Timée.
A noter que je n'ai pas forcément visité tous les liens que je vous propose ayant reçu parfois mes informations des livres mêmes (le Popol Vuh, la Théogonie, Agharta et le Roi du Monde et le mythe des cinq Races d'Hommes des Grecs). Les Géants ont été vus sur un site anglais, les Védas m'ont, en partie, été racontés de vive voix.


Pour conclure

Pour conclure



Tout n’est que croyance. Comme personne ne détient la vérité infuse, tout le monde n'en est réduit qu’à des conjectures. Quant à ceux qui doutent de cette Vérité, je leur dirais qu'elle existe et que la vie et la mort en sont ses fondements. Et personne ne sait ce qu'est la mort, ni même la vie. Les gens raisonnent qu’au travers de leurs croyances.    
Pour conclure, est-ce que l’esprit émane de la matière, comme semblent le penser les évolutionnistes ou bien est-ce que c'est la matière qui découle de l'esprit comme paraissent le croire les créationnistes ? Pour ma part, je suis persuadé que les deux sont apparus en même temps, mais que la spiritualité a d’abord prédominé et qu’aujourd’hui nous vivons dans le règne du matérialisme.




Un chapitre du livre

 
Voilà l’été ! Il était temps. L’hiver, tel un amant éconduit, semblait ne plus vouloir quitter la France. Il lui fit subir de terribles sévices en lui infligeant tempêtes sur tempêtes au sud pays et en la noyant sous des pluies diluviennes au nord. Les températures, comme folles, montaient ou descendaient bien au-delà des normales saisonnières. Mais des saisons, il n’y en a plus vraiment, avec cette météo déréglée.
Philippe Durieux n’en a cure. Il marche tout content vers la Sorbonne. En passant près d’un square, il hume le parfum familier du feuillage des arbres. C’est cette même odeur que l’on sent quand on marche dans une forêt encore gorgée d’humidité. Les récentes pluies du début de semaine ont maintenu ces relents de senteur de fraîcheur printanière.
Philippe pense aux vacances. Cette année, comme tous les ans, c’est la Grèce. Il a décidé qu’il ne voyagerait qu’en dehors des circuits touristiques.
Il faut dire qu’il le connaît bien ce pays. Il y était allé la toute première fois, à l’âge de dix ans avec son père : « pour te montrer autre chose qu’à la télé » lui avait-il dit. Là, il l’avait initié aux mystères grecs. Il lui avait parlé des contes et légendes qui hantent encore ce pays, ses héros : Jason, Héraclès, Thésée et tant d’autres. Après cela, le jeune garçon les avait adoptés, rêvant d’eux, se créant des histoires où il était parmi eux.


Dans un amphithéâtre de l’université, Philippe donne son dernier cours de l’année. La salle est peu remplie, mais chacun écoute avec une attention soutenue, prenant des notes. Philippe, qui d’habitude parle avec enthousiasme, est pressé d’en finir.
— … En conclusion, je dirais que la relation entre le Thésée de la légende, le vainqueur du Minotaure et Thésée le roi historique, est surtout cette évolution d’une jeunesse passionnée et fougueuse vers un âge de raison et de sagesse. Une évolution que l’on retrouve dans beaucoup de mythes, partout dans le monde méditerranéen… Euh… oui, je vois une main levée par-là. Allez-y mademoiselle !
— Vous dites le Thésée historique, comme s’il avait existé ; y a-t-il vraiment des traces qui prouvent son existence ?
Philippe balaye d’un œil embarrassé son auditoire. La jeune femme au rouge à lèvre saillant le fixe d’un regard défiant.
— Il est vrai que je m’avance un peu. Mais ce n’est qu’une question de temps avant que l’on prouve son existence. Après tout, on croyait que Troie n’était qu’une cité mythique jusqu’à ce qu’Heinrich Schliemann la découvre à l’endroit même indiqué par Homère.
Vous savez, quand un événement arrive, tant que les hommes s’en souviennent, cela s’appelle de l’histoire et puis, quand ils finissent par l’oublier, cela tombe dans le domaine des légendes. Je pense que Thésée a réellement existé et que seule la légende s’est souvenue de lui. Il y a eu, bien sûr, des embellissements et des déformations de sa vie, comme les exploits extraordinaires…
Philippe jette un rapide coup d’œil à sa montre.
— … De sa jeunesse, et il est devenu ce roi plein de sagesse qui régna sur Athènes. Voilà ! Cela conclut notre année passée ensemble. Je vous remercie de l’avoir suivie avec moi. A certains, je leur souhaite bonne chance pour les examens ; A tous, de très bonnes vacances et j’espère vous revoir l’année prochaine.


Dans le vestibule Philippe discute avec un petit groupe d’étudiants. La jeune femme au rouge à lèvres s’approche. Elle s’arrête un peu en retrait. Elle est assez grande avec de longs cheveux blonds décolorés, coiffés en queue-de-cheval, un visage long et mince, un nez droit et des yeux bleus. Son maintien, un peu rigide, un air sérieux et habillée d’un tailleur avec chemisier classique, lui donnent l’apparence d’une bibliothécaire ou d’une secrétaire, style années 1950. Philippe la remarque. Il échange encore quelques mots avec les étudiants avant de les saluer et s’approche d’elle.
— Mademoiselle Fuller, quand donc cesserez-vous de m’importuner dans mes cours avec vos questions provocatrices ?
— Comment ça des questions provocatrices ? Parce que je doute de l’existence d’un personnage légendaire ? Elle sourit. Autrement, comme d’habitude, ton cours était excellent.
— C’est gentil. Seulement, je constate qu’il intéresse de moins en moins de monde. Chaque année ça se désemplit un peu plus. Les gens ne s’intéressent plus aux vieilles légendes. Ils préfèrent les sciences, il y a plus d’avenir…
— Oui, je connais la rengaine. Au fait, tu fais quoi ce soir ?
— Comment ? Tu as oublié ? Je dîne avec une charmante demoiselle.
— C’est ce soir ? Et où ?
— Je pensais à un bon grec.
— Je préfère italien
— Alors nous irons manger chinois.
— Japonais !
Philippe a un geste de résignation.
— D’accord ! Japonais. À huit heures, O.K. ?


Après le dîner, Philippe et Claire se retrouvent chez elle. C’est un grand studio bien rangé. Le mobilier est un mélange de meubles anciens hérités de la grand-mère paternelle et de plus modernes, du genre à monter soi-même. Après quelques ébats, les deux amants sont assoupis, elle, blottie contre lui.
— Qu’est-ce que tu fais, ces vacances ? demande-t-elle.
— Je pars en Grèce.
— Encore la Grèce ? Depuis deux ans qu’on est ensemble, c’est la troisième fois que tu y retournes. Pourquoi tu ne m’emmènerais pas en Italie ? Ou bien en Thaïlande ? Il paraît que c’est un très beau pays.
— Depuis deux ans qu’on se connaît, tu me dis que tu te sépareras de ton Serge et tu es toujours avec lui. Il est où maintenant ? Encore en déplacement pour un client ?
— Tu sais comment il est, dès que je parle de rompre, il s’effondre en larme et menace de se tuer. Je ne veux pas avoir sa mort sur la conscience.
— C’est des conneries, tu le sais bien. Vous n’habitez même pas ensemble.
— Parce que je l’en empêche.
— Peut-être, mais en attendant, on se retrouve dans cette situation stupide. Je ne vais pas t’attendre éternellement. Et cette année, je pars en Grèce seul. Qui sait, l’année prochaine, si tu te décides, on pourra aller dans l’un de ces pays exotiques.
— Oui mon chéri, j’en rêve déjà de nos vacances au Vietnam, dit-elle en s’endormant.
— Tu veux dire la Thaïlande ?
— Hum… Oui…


La vérité est que Claire n’est pas pressée de le quitter, son Serge. Depuis trois ans qu’ils sont ensemble, il lui est toujours resté fidèle. Il l’aime et la respecte. Pas comme Philippe qui ne cesse de coucher un peu partout.


Philippe non plus n’a pas trop envie de la voir quitter son Serge. Il aime bien sa vie de célibataire. Et il aime trop les femmes au pluriel pour n’en avoir qu’une. S’il pousse Claire à quitter son homme, c’est parce qu’il sait pertinemment qu’elle est le genre de femme qui n’aime pas qu’on la presse et qui fera tout pour prendre son temps. Ses antécédents familiaux, avec un papa chef d’entreprise qui cède à tous ses caprices, ont toujours fait d’elle une femme têtue.
À trente-quatre ans, il est un vétéran du genre féminin. Il aime tous les types : blonde, brunes ou rousses, de toutes les nationalités, exotiques ou pas. Du moment qu’elles sont belles, ça fait son affaire. La Thaïlande ça ne l’intéresse, mais alors, pas du tout. Sauf, peut-être, pour les jolies Thaïlandaises qu’on y rencontre. Ce qui en fait un pays où il doit, de toute façon, aller seul.
Et puis pas question d’emmener qui que ce soit en Grèce. C’est son moment privilégié où il se retrouve avec lui-même, ses chers héros et ses dieux. Là, toute la magie revient. Il peut tout à loisir passer des heures à méditer au milieu des ruines de Delphes, d’Athènes ou de Sparte. Il trouve toujours plein d’idées pour ses prochains cours. Bref, il vient là pour se ressourcer, comme son père aimait à le dire.


Son père. Quand il y pense, des émotions diverses entrent en flots dans sa tête, avec toujours ce brin de nostalgie.
Sous ses airs baba cool des années soixante, qu’il avait d’ailleurs vécues, Léopold Durieux était un doux romantique, un peu mystique, prof d’histoire-géographie dans un lycée à Quimper.
Léopold avait d’abord cru à l’évolution, mais rejeta la théorie assez vite, n’y voyant qu’un tas d’éléments contradictoires et beaucoup trop de certitudes, par rapport aux preuves. Avec le temps, il commença même à radicaliser son opinion sur la question, accusant crûment Darwin de n’être que le premier d’une longue lignée de crétins ayant rabaissé l’humanité à ce qu’elle est devenue.
Léopold rejeta aussi la religion. Non pas Dieu, Lui-même, au début, mais plutôt les organisations religieuses officielles ou officieuses, qui prétendent vouloir jouer les intermédiaires entre la divinité et lui. Il eut, par la suite, un doute sur la nature de ce dieu Judéo-Chrétien et se posa la question suivante : quel genre de déité est-ce là, un dieu qui se dit être celui de tous les hommes, mais qui est élitiste au point d’avoir un peuple élu ; qui préfère qu’on le craigne plutôt qu’on l’aime et de plus, jaloux ? Ce sont surtout ces deux notions de crainte et de jalousie, qui le firent douter le plus. Ne sont-elles pas l’apanage du diable ? D’ailleurs, n’est-il pas lui-même le côté sombre de Dieu ? A cause de cette constatation, il devint polythéiste. Certes, les dieux n’étaient pas plus doux que Jahvé, mais ils autorisaient à leurs adeptes une plus grande tolérance pour les gens qui avaient d’autres convictions, contrairement aux croyants monothéistes. Il développa finalement une théorie prétendant que l’homme, bien loin d’avoir évolué, avait tout simplement régressé.
Il tirait sa conception d’un concocté de religions diverses : grecque, hindouiste et d’Amérique latine, affirmant que l’humanité a été composée de cinq races d’hommes successives vivant dans quatre âges. Des Hommes d’Or, d’Argent, d’Airain, les Héros et finalement de ceux de Fer. L’actuelle étant la dernière. Chaque race ayant vécu dans l’âge du même nom, sauf pour les troisièmes et quatrième se partageant l’Age de Bronze.
Comme les métaux dont elles tiraient leur nom, chacune d’elles perdait en valeur. De manière temporelle d’abord : chaque âge, dans lequel la race prospérait, était réduit de moitié dans la durée par rapport au précédent. Ensuite de manière spirituelle : les hommes furent d’abord des bouddhas, des dieux, des sorciers, des héros et pour finir des hommes.
La première fois que son père lui en avait parlé, le jeune Philippe avait été très impressionné. C’était durant leur premier voyage en Grèce. Trois ans plus tard, il l’emmena de nouveau dans ce pays et il lui fit visiter les îles dont il lui raconta les légendes que chacune possédait. Ce fut leur dernier voyage ensemble.


Au retour, ils avaient pris le bus de l’aéroport pour rentrer. Ce soir-là, la nuit avait été étrangement calme. L’orage annoncé par Météo France n’avait pas donné les signes habituels avant-coureurs de vents forts et de grondements de tonnerre lointains, se rapprochant.
Philippe et son père marchaient depuis l’arrêt de bus, d’un pas pressé. En arrivant près de la maison, ils commencèrent à sentir des picotements d’électricité statique dans l’air ambiant. Dans les extrémités des membres d’abord, remontant le long des jambes et des bras, pour ensuite se diffuser dans tout le corps. L’éclair jaillit du ciel, toucha son père, le tuant net. La pluie qui suivit, tomba en trombes.
Le garçon eut du mal à faire le deuil de cette disparition inopinée. Voir mourir son père fut un choc qui lui laissa un sérieux traumatisme. Il développa une haine farouche envers les dieux, leur reprochant de le lui avoir enlevé. Pendant longtemps, il leur en voulut.


Pour sa mère aussi, ce fut un véritable choc. Anne Marie Durieux, née Le Guelec, était Bretonne de pure souche. Elle était issue d’une famille catholique dévote de marins pêcheurs : son père, ses cinq frères, ses deux grands-pères et tous ses oncles sauf un, employé des Postes.
Pourtant, elle n’aimait pas cette vie-là et ne voulait pas finir comme ses deux autres sœurs, mariées à des marins. Ce qu’elle aimait, c’était la peinture. Elle en avait passé des heures sur la côte à peindre, surtout les bateaux. Elle adorait ça. En plus, c’était facile parce qu’ils étaient loin vers l’horizon. Ses parents n’arrêtaient pas de lui dire qu’elle ferait mieux d’apprendre des choses utiles, comme coudre, laver et repasser le linge ou faire la cuisine. Bref, se préparer à recevoir un mari. Cela ne la décourageait pas.
Ses frères et sœurs n’arrêtaient pas de critiquer ses tableaux : trop vagues, trop imprécis et se moquaient d’elle. Mais pour elle, ils n’étaient que des ignares qui ne connaissaient rien à l’art. Ses sœurs passaient leur temps à la maison à torcher les gosses et ses frères, au bistrot à se torcher.
Elle se sentait comme ces artistes incompris et attendait son heure de gloire où elle pourrait fièrement les humilier. À dix-huit ans, après son bac, elle partit à Paris pour tenter sa chance aux Beaux-Arts.
Elle fut refusée : « Pas assez de talent. » lui fit-on comprendre. Ce fut la fin d’une grande illusion. Par orgueil, elle refusa de rentrer et trouva un boulot de serveuse au Café de Flore à Saint Germain.
En mai soixante-huit, elle se joignit à ce vent de liberté qui soufflait sur le monde. C’est dans les manifestations, qu’elle rencontra un Léopold Durieux fraîchement titularisé professeur d’histoire-géographie, enseignant au lycée Jacques Decour. Il y était venu exprimer son dégoût de cette société pourrie.
Ils s’aimèrent, se fiancèrent et se marièrent, cela sans l’approbation de leurs parents respectifs, dans un esprit de pure révolte. Ces derniers, au demeurant, furent plutôt soulagés quand ils apprirent la nouvelle.
Enceinte, Anne Marie exprima le désir de revenir à Quimper, sa ville natale. Léopold demanda sa mutation qu’il obtint facilement et le couple s’y installa. Philippe naquit et grandit dans cette ville. Avec le temps, sa mère devint de plus en plus dévote.
Après la mort de Léopold, Anne Marie n’eut d’autres choix que de se ressaisir vite. De femme au foyer, elle trouva un emploi de réceptionniste dans un hôtel près de la gare de Quimper.
C’est là qu’elle rencontra Sylvain Gondain, un client qui venait souvent et qui allait devenir le beau-papa de Philippe quand le garçon avait quatorze ans, un an après la mort de son père. Ils déménagèrent à Paris où Sylvain vivait. Il exerçait le métier ardu d’expert-comptable en free-lance, se déplaçant un peu partout en France, voire même en Europe. Un monsieur doux, attentionné et extrêmement rationnel. Il reprit en main l’éducation de son beau-fils, lui qui avait été célibataire toute sa vie, et s’en tira plutôt bien.
Philippe acquit de solides bases, finit par oublier tous ses dieux et héros. Beau-papa l’aida à surmonter sa peine en lui expliquant que, si lui avait survécu à la foudre, c’est parce que son père était plus haut de taille et que la foudre tombe toujours au point le plus élevé. « C’est mathématique ! » comme il disait.
À force de rêvasser à tout ça avec Claire à ses côtés, profondément endormie, Philippe finit par sombrer dans le monde des rêves.